Voici le travail d'un élève de troisième. Il s'agissait de rédiger un texte satirique sur le foot.
Courir après une balle
C'est malheureusement ce à quoi tu es condamné, toi, le footballeur. Courir après une balle et frapper dedans pour l'envoyer au fond d'un filet bourré de trous. C'est bon, tu te rends compte que tu es à la masse. Car il faut être à la masse pour faire un tel sport.
Ne t'inquiète pas, tu n'es pas seul sur le terrain. Il y a vingt-et-une autres personnes sur le terrain, dont onze qui vont t'empêcher d'envoyer la balle au fond du filet. Stupide balle qui se laisse faire. Stupide aussi, ce joueur qui s'appelle gardien.
Surtout, cette balle, tu ne dois surtout pas la toucher avec les mains, car c'est la pire des fautes. L'arbitre soufflera dans cette petite chose noire, bleue ou rouge qu'on appelle sifflet. Tu devras alors t'arrêter de courir et donner la balle à l'équipe adverse. Et même si ça t'énerve, s'il y a une chose que tu ne dois pas faire, c'est frapper l'arbitre, car il est l'autorité suprême. Un dieu sur le terrain. Un crétin formaté. Un microprocesseur sur pattes, un sifflet dans la bouche et des règles débiles dans les circuits.
Mais il n'est pas le seul à être formaté. Toutes ces personnes qui sont assises dan les gradins. Elles crient, elles sautent. Obscènes. Mais en plus, il y a ces hommes avec des armes de destruction massive dans les mains. Des caméras qui retransmettent, sur des écrans, ce qui se passe sur le terrain. Tous complètement à la masse.
Le plus gros problème qui soit, ce sont les fans. Ils sont nombreux, les enfants qui veulent faire comme toi plus tard, ces Plein-de-balle-dans-la-tête qui se disent «Celui-là, il est trop fort! ». Complètement à la masse. Et toi, tout fier, tu vas courir après une balle pendant la plus grande partie de ta vie.
Le pire sera la fin de celle-ci. Tu rencontreras une fille qui te plaira, tu auras des enfants. Et, tout fier d'eux, tu seras tout mou sur le terrain. Complètement à la masse. Ouais. A la masse et fier de l'être. Ouais. C'est tout toi, ça. A-la-masse et for-ma-té!

